Connecter une usine : facteurs clés de succès

 

Créée en 2015, et adhérente au Pôle Environnement de la région Nouvelle-Aquitaine, Aquassay est une startup française présente au Salon des TEQ en tant qu’exposant et conférencier. Présentée par Stéphane Gilbert, Président d’Aquassay, cette conférence portera sur le thème de l’usine connectée et de l’efficacité hydrique en industrie.

Aquassay propose une nouvelle stratégie d’efficacité hydrique (= moins consommer, mieux produire et moins rejeter), basée avant tout sur l’analyse fine, quantitative et qualitative, des flux et usages de l’eau d’un site industriel. Ce diagnostic précis permet d’identifier les points d’amélioration et de risques et de préconiser un ensemble de solutions techniques et/ou organisationnelle en agissant directement sur les causes racines (: éviter les problèmes plutôt que de tenter d’en réduire les conséquences).

Le cœur technique de cette stratégie n’est donc plus le traitement de l’eau, mais l’information.

Pour répondre à ce besoin, Aquassay a développé une solution complète : eDATAMOTIC, qui permet de collecter et analyser en temps réel les données provenant de tout type de sources (capteurs, automates, enregistreurs, afficheurs, bases de données, déclarations, etc.). Au-delà des fonctions de base (visualisation, rapport, alertes qualifiées, etc.), les fonctions les plus avancées sont celles de calculs en temps réel, (modèles prédictifs et prescriptifs, systèmes experts, normalisation), ainsi que la capacité d’étude comparée et intégrée de tout type de périmètres (historiques longs, période de référence, géographiques, type d’installations, etc.).

eDATAMOTIC est simple à installer et à utiliser. L’objectif est de transformer un site industriel classique en zone de production connectée, optimisée et vertueuse. Cette solution est disponible « clé en main », sous la forme d’abonnement. Actuellement, eDATAMOTIC est déployée sur plus de 20 sites, dans 5 pays.

Connecter une usine et engager une transformation numérique peut se faire simplement. Nous avons rédigé à cette occasion quelques facteurs clés de succès pour aller vers l’usine connectée :

1/ Progressivité : commencer par un périmètre défini simple (ex. : un type d’installation, une zone, etc.) puis étendre progressivement à l’ensemble de l’usine. Il ne s’agit pas uniquement de prudence, mais surtout de prise en compte du changement que l’analyse avancée en temps réel va induire dans la vision et la compréhension des processus. La digitalisation ne permet pas seulement de faire mieux, elle amène à faire différemment et parfois même de manière radicale. (Dans le cas de notre sujet préféré, l’eau, cela peut se traduire par la mise en place de tri sélectif des effluents à la source, c’est à dire au niveau des opérations industrielles, pour les orienter, selon leurs natures, vers des filières de gestion adaptées, au lieu de tout regrouper pour faire traiter le mélange final par un empilement de traitements censé résoudre le problème que l’on vient en fait de créer). Et cette transformation s’opère dans le temps : processus d’apprentissage, de remise en cause puis de développement de solutions (à ce propos, j’aime beaucoup une fausse anecdote : un dirigeant d’un grand pays pétrolier demande à son ministre de l’éducation et de la recherche combien de millions de dollars il faut pour construire un équivalent d’Oxford. Le ministre répond : 200 ans.). Laissons donc la pâte gonfler avant de tout mettre au four.

2/ Utilité : commencer par un sujet qui pose un vrai problème. Les gains attendus seront plus simples à définir et à mesurer, notamment à court terme. De plus, les équipes concernées par le problème seront plus motivées et s’approprieront plus facilement la solution, car elle leur sera utile. C’est un enjeu majeur, car le digital va aussi induire de nombreux changements au niveau des pratiques. Et le changement, c’est probablement la chose la plus difficile à faire pour l’être humain.

3/ Préparation : commencer par des usines ou des installations qui ont déjà engagé des réflexions sur le sujet et ont notamment des documents à jour (PID, analyse fonctionnelle, etc.). Ceci peut paraître évident, mais si nous prenons la peine de signaler cet aspect c’est qu’il y a parfois (litote) quelques trous dans la raquette. Et connecter des trous, ce n’est pas pratique.

4/ Collaboration : connecter une usine est une démarche collaborative. Il est indispensable de rendre disponible et de sensibiliser les équipes concernées et notamment : les futurs utilisateurs, le département informatique (pour gérer en amont les questions de sécurité des données) et la maintenance (pour faciliter la mise en œuvre sur le terrain : points de mesure, automatismes, tables d’échanges, etc.).

Aquassay est lauréat « Innovation » 2017 du Prix Entreprise et Environnement du ministère français de la transition écologique et lauréat « eau et déchets » de l’Open Cleantech France 2016.

 

Texte par : Jean-Emmanuel Gilbert, directeur développement, Aquassay / Vice-président du Pôle Environnement Nouvelle-Aquitaine

Written by Reseau Environnement