Le sauveur de la planète n’est pas un superhéros, mais il sait voler!

 

Avez-vous entendu parler du DronAIR? C’est un tout nouveau système conçu et fabriqué par le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ) en collaboration avec DroneXperts et le Centre d’expertise en analyse environnementale du Québec (CEAEQ). Ce dernier sera dévoilé au Salon des TEQ le 14 mars prochain.

Les particularités techniques de cet appareil en font l’un des systèmes aéroportés d’échantillonnage et de mesure de la qualité de l’air le plus complet au monde. Les grandes étapes de ce projet de R-D ainsi que quelques résultats d’essais en conditions réelles et contrôlées réalisés en collaboration avec la Ville de Québec seront présentés lors de la session Acquisition de données et échantillonnage par drone.

Les conférenciers ont accepté de répondre à nos questions!

Patrick Chatelle est directeur environnement et télédétection chez DroneXperts et il s’occupe de la recherche et développement en environnement appliqué avec des drones. Il est le chargé de projet du prototype DroneAIR et développe également des projets de R-D dans le domaine de l’agriculture.

Parlez-nous du DronAIR. Qu’est-ce qui le différencie des autres de sa catégorie?

Une recherche documentaire effectuée par le CRIQ en 2015 a montré qu’il n’avait peu ou pas de systèmes d’échantillonnage de la qualité de l’air par drone sur le marché à ce moment. Lors de la mise en œuvre de ce projet, notre objectif était d’embarquer tous les types d’échantillonnages conventionnels sur des modules facilement interchangeables et de comparer ces systèmes aux méthodes de références reconnues par les autorités. Les efforts ainsi que l’inventivité des ingénieurs, professionnels et techniciens composants l’équipe multidisciplinaire de R-D a permis au final de concevoir un module DronAIR unique intégrant tous ces éléments, ainsi que n’importe quel système de mesure en continu (SMEC) disponible sur le marché, pourvu qu’ils soient portables et conçus pour tenir dans la main d’un opérateur. Cette spécificité fait du DronAIR un équipement très polyvalent.

Comment voyez-vous cette technologie évoluer? Quels sont les enjeux éthiques d’une telle approche?

 Le principal enjeu est de pouvoir recueillir des données représentatives et fiables sur la qualité de l’air, et ce à un coût abordable. Cette technologie est destinée à évoluer constamment en fonction des recherches, des nouvelles applications et du développement des instruments d’échantillonnage et de mesures.  Le module DronAIR est conçu pour s’adapter à la plupart des drones « professionnels » disponibles sur le marché.  Il pourra aussi être intégré à de nouveaux drones possédant de meilleures capacités de charge utile ainsi que des autonomies de vol de plus en plus grandes. Les équipements composants le module étant interchangeables, l’opérateur peut ainsi choisir les instruments d’échantillonnage et de mesure correspondants aux contaminants gazeux d’intérêt qui varient d’un contexte à l’autre (urgence environnementale, projet de R-D, mesure d’émissions atmosphériques industrielles, suivi de la qualité de l’air aux limites de propriété, etc.).  Les conditions de vol des drones commerciaux étant déjà encadrées par une règlementation fédérale, l’acquisition de nouvelles données environnementales à l’aide de ce nouvel outil offre des perspectives d’amélioration des interventions en cas d’urgence, du suivi des impacts environnementaux de certaines activités industrielles et à terme, l’amélioration de la qualité de vie et de la santé des citoyens.

Nicolas Turgeon est adjoint à la direction Écoefficacité industrielle et environnent du Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ). Gestionnaire et expert en traitement de l’air et changements climatiques, il œuvre dans le domaine de la science et de l’innovation depuis plus de 20 ans.

Qu’est-ce que l’innovation durable?

L’innovation durable peut être définie comme le processus de création de nouveaux produits et services conforment aux principes indissociables du développement durable (économie, environnement et société). En bref, on peut dire que c’est faire mieux avec moins. Moins d’énergie, moins de matières premières,  moins de rejets, moins de GES, etc.

Quelle est, selon vous, la place des drones dans la protection de l’environnement?

Le développement technologique très rapide des drones (en anglais UAS : unmanned aircraft system) mais aussi des différents senseurs (GPS, lidar, etc.) au cours des dernières années fait en sorte qu’ils sont maintenant de plus en plus disponibles et accessibles. Ils constituent des outils supplémentaires pour recueillir des données et informations pertinentes pour la protection de l’environnement (eau, air, sol) et du public jusqu’alors inaccessibles. À titre d’exemple, la mesure en temps réel des émanations potentiellement toxiques lors d’un déversement maritime accidentel ou encore lors d’un incendie majeur permettra des interventions sur le terrain plus rapides et plus ciblées. Le développement de nouveaux senseurs plus performants et précis ou encore la miniaturisation de systèmes embarqués et connectés offre de grandes perspectives d’innovation. Toutefois, il faudra que le déploiement de ces UAS se fasse dans un cadre réglementaire adapté au contexte social actuel.

Le CRIQ en collaboration avec ses partenaires DroneXperts et le Centre d’expertise en analyse environnementale du Québec (CEAEQ) présenteront dans le cadre du Salon des TEQ un projet de recherche et développement qui a permis de développer, fabriquer et mettre à l’essai un système novateur assisté par drone permettant le prélèvement d’air ambiant et la mesure de certains contaminants atmosphériques sur des sites difficiles d’accès avec les méthodes conventionnelles. Rendez-vous le 14 mars 2018 à 10h30 dans la salle Innovations.

Crédit photo :  DroneXperts

Propos recueillis par : Geneviève David Watson, coordonnatrice communications, sensibilisation et relève chez Réseau Environnement.

Written by Reseau Environnement