janvier 30, 2018 Conférences Pas de commentaire

Réhabilitation des terrains contaminés : de nouvelles solutions grâce à l’intelligence artificielle

 

La croissance exponentielle des données constitue un frein pour créer des solutions novatrices aux problèmes environnementaux. Sans technologie performante, exploiter toutes les connaissances reliées aux données pertinentes est impossible. L’intelligence artificielle (IA) permet d’exploiter les mégadonnées pour générer de meilleures solutions, et ce, notamment pour la sélection de technologies pour la réhabilitation des sites contaminés. Une conférence à ne pas manquer au Salon des TEQ, dans la salle Innovations le 13 mars à 14 h.

Depuis les années 90, avec l’arrivée d’Internet, la croissance des sources de données et d’informations a explosé de façon exponentielle. Actuellement, 90 % des données mondiales ont été créées dans les deux dernières années. De plus, l’arrivée des téléphones intelligents et du concept de l’Internet des objets (IdO) contribue à générer exponentiellement plus de données provenant d’équipements connectés à Internet. L’ensemble de ces données constitue donc une immense base de connaissances nommée « mégadonnées » (big data). Bien que l’accès à toutes ces données demeure relativement facile pour les experts, la principale problématique peut se résumer aux quatre V des mégadonnées.

Par conséquent, passer en revue et exploiter les connaissances de toutes les sources de données pertinentes est pratiquement impossible pour les experts. Actuellement, plus de 80 % des données sont générées pour des besoins spécifiques, mais ne sont pas exploitées à d’autres fins.

Traitement des données par l’IA

Les connaissances et l’expertise sont directement associées à l’accès aux informations scientifiques et aux sources de données pour développer des solutions novatrices afin de résoudre les problèmes. Ainsi, le manque d’outils performants pour traiter toutes ces données peut donc être considéré comme une limitation pour les experts. En fait, le défi d’aujourd’hui n’est pas d’accéder aux données, mais d’exploiter les connaissances contenues dans celles-ci.

En créant des applications cognitives intégrant l’IA, il devient maintenant possible de traiter rapidement une grande quantité de données structurées et non structurées, permettant ainsi d’exploiter efficacement les connaissances reliées à celles-ci.

L’IA intègre notamment le concept d’apprentissage automatique (machine learning), lequel permet à une application de comprendre et d’acquérir des connaissances obtenues à partir de milliers de cas. Ainsi, les applications cognitives qui sont propulsées avec l’IA ressemblent davantage aux humains, mais à grande échelle. Contrairement aux plateformes informatiques traditionnelles qui fonctionnent comme des technologies programmées, elles peuvent comprendre, raisonner, apprendre en continu et interagir avec les humains de façon naturelle.

L’intégration de l’IA permet de découvrir de nouvelles solutions à partir des données disponibles, afin d’aider les experts à performer au-delà de leurs capacités. Cela permet d’exploiter rapidement en mode collaboratif les connaissances comprises dans de nombreuses sources de données, quels que soient la source, la quantité et le format. Les systèmes cognitifs ont la capacité d’enrichir automatiquement leurs connaissances puisque les informations sont intégrées dynamiquement au fur et à mesure que les données deviennent disponibles.

L’IA et la réhabilitation de sites contaminés

Le domaine environnemental regorge de nombreux cas où l’intégration de l’IA serait bénéfique. La sélection des technologies pour la réhabilitation des terrains contaminés en constitue un bon exemple. D’une part, l’abondance de publications scientifiques provenant de différentes sources de données, dont les journaux scientifiques, les bases de données gouvernementales, les études de cas, etc., constitue un problème pour les experts pour se maintenir à jour dans leur domaine.

D’autre part, le choix d’une technologie de réhabilitation appropriée pour les sites contaminés est très complexe et doit intégrer de nombreuses données. L’expertise nécessite différentes connaissances, telles que les types de contaminants, les caractéristiques géologiques et hydrogéologiques du site, la présence ou non d’infrastructures, les méthodes de dispersion des contaminants, etc.

WikiNet finalise actuellement la première version de son application WatRem, laquelle est un outil cognitif conçu pour aider les experts à prendre de meilleures décisions lorsqu’une technologie doit être identifiée pour la réhabilitation des sites contaminés. WatRem intègre l’IA et est propulsé par la technologie cognitive Watson créée par IBM. Soutenu par une base de connaissances dynamique intégrant différentes sources de données reconnues, WatRem a la capacité d’enrichir ses connaissances dès que de nouvelles informations sont disponibles. Dans les faits, toute nouvelle technologie de réhabilitation qui sera disponible sur le marché pourra être intégrée dans la base de connaissances de WatRem.

Les prédictions qui seront générées par l’application seront fondées sur une base de connaissances constituée de plusieurs sources de données scientifiques fiables et reconnues. Lors de la soumission d’un cas de site contaminé, l’utilisateur pourra accéder à une liste de technologies de réhabilitation applicables, et ce, avec un niveau de confiance. De plus, l’utilisateur pourra avoir un accès rapide aux différentes sources de données et articles scientifiques qui auront été utilisés par WatRem pour générer la liste des technologies de réhabilitation. Un lien vers le site Web de la source d’information sera disponible pour permettre aux experts d’accéder directement aux données utilisées pour générer les prédictions.

L’utilisation de l’IA représente donc une excellente occasion de créer des outils performants pour les experts du domaine afin d’accroître leurs connaissances et leur expertise, permettant ainsi de créer des solutions novatrices aux différents problèmes environnementaux.

La conférence « Traçabilité des matières et intelligence artificielle: Prévenir et prédire la contamination » sera présentée le 13 mars à 14 h au Salon des TEQ dans la salle Innovations.

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Par Marc Paquet, M. Sc., chimiste, président, WikiNet

Written by Reseau Environnement